Lettres ouvertes à Mme APPERE, Maire de Rennes

Objet :

  • Opposition aux accords de permis de démolir pour des bâtiments patrimoniaux.

  • Nécessité d’avoir une attention particulière à la belle maison bourgeoise du 11 rue de Vincennes

Madame la Maire,

Nous tenons à vous faire savoir que « LES AMIS DU PATRIMOINE RENNAIS », leurs sympathisants et de très nombreux habitants n’en peuvent plus d’être témoins de l’effondrement sous les coups des destructeurs de décors familiers. Ils protestent sans cesse contre les « PERMIS DE DEMOLIR »accordés généreusement par votre municipalité contre des résidences et des locaux professionnels répertoriés au P.L.U comme étant remarquables ou signalés dans le site GLAD de la Région Bretagne.

Nous venons de constater la démolition en cours de la très belle Maison Bourgeoise du 11 rue de Vincennes et nous désolons, toujours en vain, de voir partir une à une et plus rapidement que jamais, ces merveilles de l’architecture rennaise de fin XIX° – début XX° Siècle.

Nous ne comprenons pas l’acharnement de ces sept années antérieures contre les plus beaux fleurons architecturaux, souvent labellisés d’une histoire à retenir.

Faut-il en rappeler des têtes de listes loin d’être exhaustives ? :

  • Le Manoir du « Grand Champeaux » > Exit depuis Aout 2013.

  • « L’Hôtel des Demoiselles », rue d’Antrain (maximum de macarons au P.L.U aussi bien en histoire qu’en architecture)
  • Le magnifique pavillon XVI° S situé à l’angle des rues Duchesse Anne & Antrain, faisant l’objet d’une gravure dans le « Banéat »

  • L’ancien « Hôtel Codrington » des 71 & 71bis rue de Paris et ses ornements « Odorico »
  • La Villa du 134 Avenue Sergent Maginot et la crainte pour les 4 autres restantes dans l’alignement.

  • La Maison du 9 bis Boulevard Volney remplacée par un programme promoteur « Réalista »

  • Les Immeubles 20-21 Pl Sainte Anne et leur fameux Mur Dubonnet

Nous observons que les immeubles industriels d’une banalité déconcertante, qui remplacent ces constructions « de Pays » ou ces créations architecturales bien ancrées dans une époque; ne contribuent que pour un pourcentage très infime à la densification qui serait le remède à tous les maux, selon les édiles de tous bords.

L’enjeu entre les deux alternatives suivantes est-t-il à la hauteur des attentes ? :

  • Gommer les traces les plus emblématiques du passé, socles d’éducation et de culture pour tous et en particulier pour les jeunes et pour ceux qui viendront après nous. Ou :

  • Entasser dans des collectifs uniformes quelques habitants supplémentaires dont la quantité est bien peu influente sur l’amortissement de la facture fiscale présentée à tous les citoyens.

Nous partageons complètement les propos de M. Gauthier AUBERT, Historien, dans un article de « Place Publique » N°35 – Mai-Juin 2015 :

« Les défenseurs du Patrimoine entendent privilégier un développement urbain -durable-, plus harmonieux, plus respectueux de l’existant dans lequel l’ancien et le nouveau communient et non s’affrontent, où la modernité sait s’imprégner du contexte, de l’esprit des lieux, de son histoire » **

Nous vous demandons, dans l’attente de la prochaine révision du P.L.U à la préparation de laquelle vous nous avez promis de nous associer; de ne plus accorder de « Permis de démolir » pour les bâtiments étoilés annexés au P.L.U actuel, à commencer par le 44-44bis rue de la Palestine -2 étoiles.

Nous sommes à votre disposition pour lire votre réponse ou honorer un rendez-vous à ces sujets que vous voudriez bien nous proposer.

 Nous vous prions de croire, Madame la Maire, en l’assurance de notre très respectueuse considération.

 « LES AMIS DU PATRIMOINE RENNAIS »

**: Article de Gauthier AUBERT – Historien – Enseignant chercheur au Centre de recherche historique de l’Ouest et Maître de Conférence à l’Université Rennes 2. (Egalement contributeur du « Dictionnaire du patrimoine rennais » de « L’Histoire de Rennes » -Editions APOGEE- et de « Villes patrimoniales de Bretagne » -Presses Universitaires 2014-)

 

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