1) Protection du bâti ancien et des quartiers historiques
Le bilan de la mandature précédente montre une fragilisation progressive de la protection patrimoniale, en particulier hors du strict périmètre du centre ancien.
Vivre Rennes souhaite rééquilibrer la politique patrimoniale, en passant d’une logique
défensive et minimale à une politique proactive de protection et de mise en valeur. Nous proposons notamment : d’étudier une extension raisonnée du périmètre actuellement régi par le PSMV, ou la création de secteurs patrimoniaux renforcés dans les quartiers anciens, de renforcer la prise en compte du patrimoine dans l’instruction des autorisations d’urbanisme, de systématiser l’analyse patrimoniale en amont des projets urbains, et non une fois les choix déjà arrêtés. La protection du patrimoine ne doit pas être perçue comme un frein, mais comme un cadre structurant de qualité urbaine.
2) Patrimoine hors centre historique et architecture du XXᵉ siècle
Oui, clairement.
Le patrimoine rennais ne s’arrête pas à l’hypercentre. Les anciens faubourgs, les quartiers de la reconstruction, les architectures du XXᵉ siècle et les
ensembles industriels ou techniques font pleinement partie de l’histoire de la ville.
Vivre Rennes s’engage à : réviser et enrichir l’inventaire du patrimoine bâti d’intérêt local en lien avec CLP, mieux reconnaître l’architecture du XXᵉ siècle, notamment via le label Architecture contemporaine remarquable, intégrer ces patrimoines dans les documents d’urbanisme et les projets de renouvellement urbain.
3) Transparence, concertation et décisions d’urbanisme
La défiance exprimée par de nombreux habitants montre que la concertation a trop souvent
été formelle ou tardive. Nous proposons :
une saisine systématique du Conseil Local du Patrimoine pour les projets impactant
le patrimoine, la publication des avis rendus et des arbitrages effectués, des concertations en amont, distinguant clairement information, consultation et coconstruction, un rôle renforcé des conseils de quartier sur les projets patrimoniaux de proximité.
La décision finale relève des élus, mais elle doit être éclairée, argumentée et expliquée.
4) Rénovation du bâti ancien et transition écologique
La transition écologique ne doit pas conduire à la dégradation ou à la standardisation du
patrimoine bâti. Vivre Rennes défend une approche de sobriété et d’adaptation, fondée sur : des solutions techniques compatibles avec le bâti ancien (murs en terre, pierre, bois), un accompagnement renforcé des propriétaires et copropriétés, une simplification des dispositifs existants, aujourd’hui trop complexes, une priorité donnée à la réhabilitation plutôt qu’à la démolition. Le patrimoine est un allié de la transition écologique : le bâtiment le plus vert est souvent celui qui existe déjà.
5) Patrimoine immatériel, paysager et mémoire des quartiers
Le patrimoine rennais est aussi : immatériel (langues, traditions, mémoire ouvrière), paysager (parcs, arbres remarquables, rivières, jardins privés), social et vécu, à l’échelle des quartiers.
Nous proposons : de mieux valoriser la mémoire des quartiers par des parcours, signalétiques, cartes patrimoniales, d’associer habitants, associations et chercheurs à cette transmission, de renforcer la place du patrimoine naturel dans les projets urbains, de développer des actions pédagogiques à destination des scolaires et des étudiants.
6) Patrimoine historique en péril
Face à la dégradation de plusieurs édifices majeurs, Vivre Rennes s’engage à une politique
volontariste et planifiée. Nous proposons : un plan pluriannuel de sauvegarde du patrimoine historique, hiérarchisé et financé, une exemplarité de la Ville sur son propre patrimoine, la mobilisation de financements diversifiés (État, mécénat, partenariats encadrés), une transparence sur l’état sanitaire réel des édifices. Le patrimoine en péril ne doit plus être traité au coup par coup, mais dans une stratégie d’ensemble.
7) Avenir de la Chapelle Saint-Yves
La Chapelle Saint-Yves est un symbole fort.
Sa vente ou sa banalisation serait une erreur patrimoniale et politique. Vivre Rennes défend : le maintien de la Chapelle Saint-Yves dans le patrimoine public, une affectation culturelle, patrimoniale et touristique ambitieuse, un lieu vivant, accessible, lisible pour les Rennais comme pour les visiteurs, une concertation sur ses usages futurs. Le patrimoine public ne doit pas être une variable d’ajustement budgétaire, mais un levier de rayonnement et de transmission.
Conclusion
Pour Vivre Rennes !, le patrimoine n’est ni un décor, ni un frein, ni une nostalgie.
C’est : un levier écologique, un levier social et éducatif, un levier économique et touristique, un socle d’identité et de continuité. Préserver le patrimoine, ce n’est pas regarder en arrière : c’est donner de la profondeur à l’avenir.